J'ouvre le livre "En quarantaine" de Jacqueline Harpman, et je tombe sur cette phrase : "Il est des moments, dans l'Histoire, où il est décent que les bons sentiments étouffent le bon sens". C'est exactement ce que nous vivons en ce moment : du pathos, de la grandiloquence à tous les étages. Les soignants qui sont des héros, les métiers invisibles qui font tourner la société, et je t'en remet une couche avec une réflexion puissante sur le courage, etc. Et puis cette litanie des morts du Covid (qui ne sont pas si nombreux), comme si on ne savait pas que tous les ans en France il y a plus de 600 000 personnes qui meurent ! Que fait l'Etat ? Qu'attend-il pour abolir la mort par une ordonnance 49-3 ?
Le seul truc positif, c'est que, pour la première fois de ma non-carrière, l'Etat m'aide. Oui, moi qui ne rentre dans aucune case, sinon celle "auteur indépendant", ce qui est une non-case, je reçois de l'argent depuis trois mois ! A vrai dire, ça m'inquiète plutôt. Cela signifie que le pognon, il ne vaut plus rien. Et la culture, où tout est plus ou moins arrêté, qu'est-ce qu'elle va devenir ? Aux yeux de l'Etat la culture c'est une forme de mastic social, et là le mastic il est tout trouvé puisque c'est le virus qui nous scotche à la maison. Restons chez nous, l'Etat s'occupe de tout !
Aujourd'hui 16 mai, c'est la journée mondiale du vivre-ensemble : on aimerait bien...
Corinne
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